• The Game

    "JE SENS QUE C'EST MON TOUR MAINTENANT ET JE PEUX PRENDRE LES COMMANDES"
    Encore
    un rappeur de la nouvelle génération directement sorti de Compton
    (Californie, la ville berceau du gangsta rap)... On le surnomme "Nigga
    with attitude" (le Négro avec du caractère).
    The Game,
    ancien membre de gang, s'est tourné vers le rap à la suite d'une
    attaque au cours de laquelle il a été touché par 5 balles et laissé
    pour mort. Aujourd'hui, il recherche la paix et non la guerre. Sur son
    premier album, The Game travaille avec Dr. Dre
    et prouve qu'il joue dans la cour des grands.
    The Documentary (Aftermath / G Unit
    / Interscope / Polydor / Universal), le premier album de The Game (de
    son vrai nom Jayceon Taylor), annonce l'arrivée du plus important
    gangsta rappeur West Coast depuis l'arrivée de Snoop Dogg, 10 ans auparavant. The Game est épaulé par 50 Cent, Nate Dogg et beaucoup d'autres, ainsi que par des producteurs comme Dr. Dre, Kanye West, Just Blaze... Avec des titres comme "Like Father, Like Son", "Church for Thugs", "Dreams", "Where I'm From" et "Westside Story", l'album The Documentary ressuscite la vérité, l'esprit et l'espoir du rap hardcore.
    "Aujourd'hui,
    la plupart des morceaux de rap sont des merdes commerciales qui ne
    racontent rien et ne parlent pas à ceux qui habitent dans les
    quartiers." Le rappeur, orné d'un tatouage d'Eazy E (du groupe NWA) sur
    son avant-bras droit poursuit : "Je ne cible le business de personne en
    particulier, mais je ne peux pas m'identifier à ce qui se passe dans le
    hip hop aujourd'hui. Tout le monde rappe pour ne rien dire. NWA,
    Biggie, 2Pac, Snoop et Jay-Z avaient tous quelque chose à dire. Biggie, 2Pac et Eazy-E sont morts et c'est déplorable. Nous avons presque laissé le rap mourir jusqu'à ce que la Grande Sensation Blanche (Eminem)
    apparaisse et sauve le hip hop. Depuis 50 (Cent) a sonné le réveil du
    gangsta rap. Je sens que c'est mon tour maintenant et je peux prendre
    les commandes."
    Les trois rappeurs cités précédemment ont en commun
    d'avoir été pris sous l'aile de Dr. Dre, natif de Compton, également un
    des membres fondateurs de NWA. "Le meilleur moment que j'ai vécu en
    tant que rappeur a été la rencontre avec Dre dans son studio en 2002.
    Il m'a dit qu'il avait écouté une mix tape de mes freestyles et qu'il
    voulait me signer", dit The Game. "J'essayais de paraître cool...
    J'étais pétrifié. Je suis toujours en admiration devant Dre. Cela fait
    presque 20 ans qu'il est au top. Que je puisse emmagasiner toute
    l'expérience d'un génie de la musique comme lui me donne une avance de
    20 ans sur tout le monde. Il est comme le père que je n'ai jamais eu.
    NWA pour moi c'est comme un père qui apprend le base-ball à son fils
    dans une banlieue quelconque. C'étaient les seuls modèles que j'ai eu
    mis à part Michael Jordan. Eazy-E était le père du hardcore et je ne
    comprends pas pourquoi les mentions à son égard ne sont pas plus
    élogieuses quand on parle du rap."
    La grand-mère de The Game, très
    importante à ses yeux, l'a surnommé Game (jeu, en français), car il
    était toujours prêt à jouer, au basket-ball, faire de l'athlétisme
    (course), du deux-roues, jouer dans la rue... Des problèmes familiaux
    liés à son père l'ont obligé à être placé dans un foyer d'adoption. "Ça
    a bousillé mon enfance, mais c'était le cas de tous ceux qui habitaient
    dans le quartier." Peu après son retour au foyer maternel, un de ses
    frères aînés, Jevon, a été tué par balles.

    TOUS LES STYLES DU RAP, MIXÉS EN UN
    The
    Game a ensuite rejoint un de ses autres frères aînés, Big Fase 100
    (enrôlé par le gang Bloods des Cedar Block Piru). Bien que Fase ait
    tenté de l'empêcher de devenir membre d'un gang, le chemin paraissait
    tellement inévitable pour Game que son frère dut lui apprendre les
    ficelles pour survivre dans la rue. En 1999, un de ses frères aînés,
    Charles, qui avait été adopté, est assassiné par balles. "Les gens ne
    s'imaginent pas l'effet que produit ce genre de tragédie sur votre vie.
    Surtout lorsque vous êtes jeune et fraîchement débarqué dans le monde".
    Game, 1 mètre 90, fort d'une gloire éphémère en tant que meneur de jeu
    pour le Lycée de Compton, aurait pu poursuivre ses études (on lui avait
    proposé des bourses pour plusieurs universités), mais il prend un autre
    chemin et entre alors sérieusement dans la vie des gangs – vols de
    voitures, vente de drogues et fusillades. Ne pouvant pas supporter la
    tournure que prenait sa vie, sa mère le chasse du foyer.
    En 2000,
    The Game et son frère déménagent dans les "cités" d'une ville voisine
    et s'emparent du trafic de drogue local. Leur succès attire les
    convoitises. Tard dans la nuit du 1er octobre 2001, Game se fait
    braquer dans son appartement, on lui tire cinq balles dessus. "C'est
    l'expérience la plus importante de ma vie. Cela peut sembler fou, mais
    j'apprécie le fait que ça me soit arrivé. Vu la vie que je menais à
    l'époque, à ce jour, je serai sans doute mort. Toute personne qui se
    fait tirer dessus et qui s'en sort se sent chanceuse. D'un autre côté,
    j'avais déjà tellement enduré que je sentais qu'on me devait quelque
    chose. J'ai pris ça comme une renaissance."
    Alors hospitalisé, The
    Game envoie son frère acheter tous les albums de rap considérés comme
    des classiques, de la East Coast comme de la West Coast – The Chronic de Dre, Ready To Die de Biggie, Reasonable Doubt de Jay-Z, Death Certificate d'Ice Cube, Doggystyle de Snoop, All Eyez On Me
    de 2Pac, tous les Kool G Rap et NWA. Il les étudie avec attention
    pendant les cinq mois de sa convalescence puis passe à l'acte. En
    décembre 2001, il rappe pour la première fois. "J'ai mixé tous les
    styles en un. C'est pour cette raison que certaines personnes trouvent
    que je sonne comme si je venais de la East Coast alors que je parle de
    la West Coast."
    Il espère également que l'idée derrière le titre The Documentary ne
    sera pas mal interprétée. "Je raconte mon histoire. Je suis là juste
    pour me faire plaisir. Je ne dis pas aux gens de vendre des drogues ou
    de prendre des armes. Quand je vendais de la drogue, c'était ma seule
    option, car j'avais quatre sœurs et un frère aîné, et que nous mangions
    des céréales pour Thanksgiving. Quand j'ai pris une arme, c'était parce
    que ma vie était en jeu. Si tu ne veux pas entendre cela, alors
    n'écoute pas ce que j'ai à dire. Je ne glorifie pas la vie que je
    menais car je ne la souhaiterais à personne. Je suis juste un être
    humain qui a grandi dans les quartiers et qui voulait plus que tout
    pouvoir en sortir".
    Son seul regret est que sa grand-mère soit
    décédée avant qu'elle ait pu assister à son succès, pas seulement dans
    le rap mais aussi dans la vie. C'était la seule personne qui avait cru
    en lui.
    Il y a plus que de la colère dans ce NWA de la nouvelle
    génération. Il y a de la fierté et même de l'optimisme. "J'ai donné
    tout ce que je pouvais pour cet album, c'est moi. Appréciez-le, car
    c'est la dernière fois que je vis tout cela. Nous évoluons en tant
    qu'humain et le prochain album parlera de la vie que je mène maintenant
    – et en ce moment, je me régale."
    Pour The Game, la partie vient juste de commencer.

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :